10 élèves, 4 saisons, une année:

Il existe quatre saisons, on parle de 4x4, et il se fait que les carreaux du sol où s'affichent les travaux réalisés par la promotion 2008-2009 en Arts plastiques (concept) de l'Institut Saint Luc à Tournai (Belgique) présentent également quatre côtés.
Ces travaux, heureusement, ne sont ni un hommage au carré, ni la mise au carreau de ce qui s'appelle un dessin ou une composition académiques. Non, les travaux parlent le langage des signes: ils s'adressent à un lecteur qui veut bien les lire et en interpréter les motifs, les formes, les non-formes, les couleurs, les non-couleurs, les légendes, les mots, les non-mots, ainsi que les points de départ, utiles à la compréhension.
Un peu à la manière des exercices de style de Raymond Queneau, les travaux parlent davantage qu'ils n'expriment ou ne font référence à la "représentation".

Premier thème: Disneyland, l'empire américain placé dans le museau d'une souris, ou bien claquant dans le bec d'un canard. Les travaux parlent de ces masques avec les moyens que fournissent les pratiques contemporaines: un peu de tout, matériaux divers, permutations de signes et surtout dérision à l'égard de la grande boutique située dans l'imaginaire à la façon d'une bouteille de lait dans un frigidaire. Ce premier thème à marqué deux saisons: l'automne et l'hiver, saisons où les dessins animés commerciaux peuplent les écrans des familles et mobilisent l'attention en immobilisant les cerveaux.

Second thème: Les sans-papiers, manière d'accueillir à l'atelier, au moins symboliquement, ces candidats à l'exclusion dont bien sûr il n'est nullement question dans la mythologie de Disneyland. Les travaux aboutissent à la réalisation d'un petit film vidéo en caméra amateur: trois minutes peuvent parfois suffire à en dire plus sur la situation impartie aux candidats malheureux. Auparavant l'exploration aura été faite des lieux de passage, de transit, de clandestinité où les exclus nourrissent des rêves bien loin de la Belle au bois dormant. Une fois de plus formes et couleurs, supports aléatoires et ready-made de tous calibres scandent la démarche de chaque élève, conquérant petit à petit une place dans ce non-lieu social et artistique. Une fois encore, deux saisons: le printemps et l'été, gages et promesses (peut-être) de lendemains qui chantent.
4 saisons sur le carreau